19 juin 2008
Max et les maximonstres
Max, il est pas très gentil, alors il ira au lit sans manger!
Puni dans sa chambre, il va se passer des choses extraordinaire.
Il s'embarque pour le pays de monstres dont il va devenir le roi! C'est amusant ce pays, c'est vrai.
Mais il finira quand même par regagner sa chambre, avec son repas tout chaud qui l'attend!
L'histoire en 2 mots : des monstres et des rêves
L'illustration en 2 mots : précis et effrayant
L'auteur en de mots : en 1970 il obtient le prix Hans Christian Andersen
L'illustrateur en 2 mots : c'est aussi l'auteur

Une autre histoire de monstre :Shrek de William Steig
Une autre histoire de rêve : Le rêveur de Ian MacEwan
Une autre histoire de Maurice Sendak : Cuisine de Nuit
Crispoupouille change de méthode
Alors jusqu'à maintenant, pour parler des livres, je googlisais le titre puis je faisais un petit copier-coller!
Maintenant que le concours est quasiment fini ( il me reste plus que l'anglais), j'ai plus de temps et je peux donc vous donner mon avis rien qu'à moi sur les livres que j'ai lu!
22 mars 2008
L'ogre maigre et l'enfant fou
Auteur Sophie CHERER
Illustrations: Veronique DEISS
Dans les premiers temps de la civilisation, les Ogres chassaient les
enfants pour les manger. Il fallait courir les bois et les forêts,
c’était fatigant et les Ogres n’avaient pas d’enfants à tous les repas.
Un jour, un Ogre plus malin, eut l’idée de capturer des enfants, de ne
pas les tuer tout de suite mais de les conserver, de les nourrir, de
les promener ... Bref, comme ils avaient toujours faim et ils
décidèrent alors d’élever des enfants pour les manger.
Ces enfants
grandirent dans des prés clôturés où ils pouvaient jouer et manger ce
qu’ils voulaient. Ils étaient élevés au grand air, ainsi leur chair
était tendre et savoureuse. C’était un temps où les ogres et les
enfants étaient heureux. Mais, il fallait du temps pour obtenir un bel
enfant bien dodu.
" - Saperlipopette! hurla un jour Ventre Saint Gris. C'est que je n'ait pas l'intention de passer toute ma vie dans la gadoue à surveiller des petits mal élevés que je pourrai même pas me mettre sous la dents avant des années, moi! J'en ai assez de me coucher avec les poules, cornegidouille! La transhumance, j'en ai ras le bol, que le Diable me patafiole ! Je veux plus d'Enfants, plus de temps, plus d'argent ! Je veux m'amuser ! Je veux voyager ! On n'a qu'un vie et moi je ne veux pas la gâcher attaché à un piquet à tourner en rond dans un carré d'herbe, à cuisiner toute la journée, sans parler de la vaisselle, et de la lessive, et des biberons, et de leur raconter des histoires le soir pour qu'ils dorment bien et qu'ils aient un teint de rose au réveil! Ça SUFFIT!
Un jour, pour plus de rendement, les Ogres mirent les
enfants dans des dortoirs où ils durent rester assis toute la journée
devant la télévision en se gavant de produits industriels et de farines
mystérieuses. D’ailleurs, les enfants n’étaient plus des enfants mais
des " produits ".
Une terrible catastrophe s’abattit alors sur le pays
des Ogres : les enfants se mirent à baver, trembler et mourir de la
maladie de l’enfant fou. Les Ogres qui avaient mangé de cette viande
malade attrapèrent aussi cette maladie. Il fallut alors ordonner "
l’abattage systématique des troupeaux... ".
Un Ogre, Ventre-affamé révolté va modifier le cours des évènements avec des mots de tendresse et d’espoir. L’Ogre maigre est un résistant. Il aime tant les enfants qu’il refuse de les manger. Il est horrifié par le mal qui leur est fait. Il se sent seul jusqu’au jour où il se lie d’amitié avec un enfant sauvage, prénommé Sylvain. L’Ogre maigre parviendra même à rendre la santé à un enfant fou.
Source
Plus de livres sur les ogres : http://www.ricochet-jeunes.org/arcparuthem.asp?id=99
Plus d'info sur les Ogres : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ogre
20 mars 2008
Fantastique maître Renard
Auteur :DAHL Roald
Illustrateur : BLAKE Quentin 
Trois riches fermiers se liguent contre Maître Renard qui décime leurs poulaillers. Comme ils sont aussi bêtes que méchants, ils attaquent la colline avec deux pelleteuses. Jour après nuit, ils creusent jusqu’à former un trou grand comme un volcan, où campent les trois méchants en attendant que la famille Renard sorte de son terrier, morte de faim.
Pendant ce temps, la famille Renard s’unit aux autres familles, Lapin, Belette, Taupe et Blaireau, pour creuser un réseau de galeries qui débouchent juste sous chaque poulailler.
Bien entendu, l’habile animal est le juste héritier du Roman de Renart, à faire découvrir.
Pour être comprise, la stratégie de Maître Renard suppose la visualisation des plans souterrains des lieux, à dessiner par les enfants, en coupe.
La fin du récit n’est-elle pas provisoire ? Maître Renard dit à ses amis qu’ils n’ont plus besoin de mettre le nez dehors pour se nourrir, maintenant que les « magasins » sont au-dessus de leur tête.
Mais leur liberté ? Les enfants peuvent proposer des solutions personnelles pour poursuivre le récit.(Fiche MEN)
Histoires avec des animaux:
La reine des fourmis a disparu
Touchez pas au roquefort !
La rencontre
Journal d’un chat assassin
Histoire de la mouette et du chat qui lui apprit à voler
Du même auteur(DAHL Roald)
Les deux gredins – Gallimard jeunesse
La potion magique de Georges Bouillon – Gallimard jeunesse
Du même illustrateur (BLAKE Quentin)
Le garçon qui criait au loup – Gallimard jeunesse.
Clown – Gallimard jeunesse
Dix grenouilles – Gallimard jeunesse
Sur le même thème
Le Roman de Renart – adapté par Christian Poslaniec – Ill. François Crozat - Milan
Le roman de Renart – Hatier
Trois tours de renard –P.François – Flammarion.
Dans les fables de La Fontaine ou celles d’Esope, choisir celles qui traitent du renard.
Fox - Margaret Wild - Pastel
Le pari de Rusé renard Jim Aylesworth - Circonflexe
Harquin - John Burningham - Seuil
Plus:
http://www3.ac-clermont.fr/cddp15/lr/affouvrs_gene.php?titre=Fantastique+ma%EEtre+Renard
09 mars 2008
Histoire de la poule et de l’oeuf
source : http://pedagogie.ia84.ac-aix-marseille.fr/litt/docs-litt/oeuf_poule.pdf
Histoire de la poule et de l’oeuf
José Luandino Vieira
Ce récit se déroule dans un village africain. Une poule vient à pondre son oeuf dans le jardin de la voisine. Cette dernière, avait, il faut le dire, fait tout ce qu’il faut pour l’attirer….
On imagine alors quels affrontements vont se produire entre les protagonistes, prenant à témoin les divers
personnages du village.
Occasion pour l’auteur de passer en revue toute une série de caractères, avec leurs travers, leurs défauts et leurs qualités, réels ou prêtés par les autres.
Histoire traditionnelle pour un grief traditionnel, la propriété, dans un milieu décrit comme traditionnel où défile, dans un système emboîté, toute une galerie de personnages qui défendent leur point de vue.
C’est l’art de la palabre sur toile de fond exotique, avec une mention spéciale décernée au temps qui passe et qui ne compte pas.
L’espièglerie des enfants l’emporte sur les diverses manifestations de la cupidité des adultes.
Si l’on souhaite effectuer un travail sur la langue et la transposition de ce récit en discours direct, ce texte, qui pourrait fort bien être une pièce de théâtre, se prête sans difficulté à une lecture dialoguée.
Mise en réseaux possibles :
Yakouba – Thierry Dedieu – Seuil
Soundiata l’enfant lion – Lilyan Kesteloot - Casterman
L’oeil du loup – D.Pennac - Nathan
Sur le même thème
Afrique :
- Chez Adama, mécanique générale – V. Vernette – Points de suspension
- Cocorico, poulet, piga – V. Vernette – Points de suspension
- Frisettes en tête – Hell Brooks – Points de suspension
- Voyage au Sénégal – A.L. Witschger – Seuil
- Le taxi-brousse de Papa Diop – C. Epanya – Syros
- L’Afrique petit Chaka – M. Sellier – Réunion des Musées Nationaux

Dispute :
- le buveur de pluie – Boubacar Diallo – Compagnie Créative
- la guerre des boutons – L. Pergaud – Gallimard
- Une dispute et autres embrouilles – V. Mréjen - petitPOL
Sur l’auteur http://www.librairie-compagnie.fr/portugal/afrique/luandino_vieira.htm
Rédacteur de cette fiche Groupe départemental « littérature jeunesse « Vaucluse
08 mars 2008
Tout change
Source : http://www.crdp.ac-grenoble.fr/lireetecrire/spip.php?article64
Métaphores et métamorphoses chez Anthony Browne
Tout change dans les cadres
Les illustrations de l’album Tout Change d’Anthony
Browne permettent à l’enfant une lecture autonome avant même qu’il ne
sache lire. Car c’est le texte ici, contrairement à l’habitude, qui,
fort économe en mots, apparaît comme redondant par rapport à l’image.
Par ailleurs, à l’intérieur même de l’ensemble des illustrations, se
faufile subrepticement, un discours clandestin qu’on se propose ici de
dévoiler.
Le thème majeur de l’album, à première lecture, est celui de la métamorphose du réel qui bascule dans l’imaginaire surréaliste par la prise d’autonomie d’objets familiers qui se transforment au gré des productions fantasmatiques de Joseph K. L’enfant attend et s’interroge sur les changements à venir. Le décor se déforme et les objets mutent en des formes monstrueuses exprimant l’inquiétude croissante de l’enfant à l’égard d’un changement dont le lecteur ignore de quoi il sera fait. La chute de l’histoire seule fera comprendre qu’il concerne la venue d’un nouvel enfant dans la famille. Pourtant, dès le début, tout est dit à l’insu du lecteur.
Un œuf, une pendule et tout est dit
Ainsi, en avant-première page apparaît, seul élément dans la page blanche, un coquetier de porcelaine bleue contenant un œuf qui se fendille, naissance annoncée, et portant tel Janus, dieu romain des portes présidant toute naissance, deux profils dont l’un rit et l’autre pleure.
Un œuf dans un coquetier et tout est dit de la naissance imminente et de l’ambivalence des sentiments à l’égard de l’arrivée d’une petite sœur.
Sur la page de garde qui suit, sous le titre, apparaît une pendule marquant 10h15. Les aiguilles partagent ainsi le temps en trois parties égales, comme se partageait jusqu’à ce matin-là l’univers affectif de Joseph K. dans la triade père/mère/enfant. La dernière page propose quant à elle une image de la famille réunie sur le canapé du salon, le père et la mère entourant le petit garçon tenant le bébé dans ses bras. Entre la première et la dernière page se dira le vertige intérieur ressenti par l’enfant quant aux changements inquiétants dans sa vie à venir.
Deux images : celle d’une pendule, celle de la famille agrandie et tout est dit de la réconciliation intérieure après la tempête de l’attente, de l’acceptation du partage nouveau à venir, selon quatre pôles maintenant et non plus trois.
Ensuite, la technique narrative n’est pas linéaire comme on peut le croire mais plutôt éclatée par le recours à la métaphore visuelle, le récit se déroulant selon différents degrés. Le premier s’exprime par les changements monstrueux qui s’opèrent dans la maison selon l’imagination de l’enfant et ses craintes. Le second très crypté n’est accessible que grâce à un examen minutieux des détails secondaires des planches illustrées, dans le contenu des cadres du décor notamment.
Quand le message est limpide, nul besoin d’une lecture réfléchie pour saisir l’allusion. Encore faut-il la voir. L’évocation de la maternité dans le tableau d’une Vierge à l’enfant au dessus du canapé du salon par exemple est claire mais si le détail échappe au lecteur, c’est que son attention est retenue par le canapé qui commence à se transformer en crocodile. La métamorphose fait écran à la métaphore qui pourtant s’expose dans l’image mais nous échappe et Browne nous manipule.
Il distille des indices quant aux raisons de l’inquiétude du petit garçon au gré d’images apparaissant dans plusieurs planches consécutives, comme sur l’écran du téléviseur allumé par exemple. Pour les saisir - et même pour les distinguer -, il est nécessaire de considérer les changements qui s’opèrent d’une page à l’autre, - tout change décidément - ou bien, comme dans la chambre, reconstituer le puzzle des tableaux accrochés aux murs. En les considérant dans leur ensemble, comme une entité singulière signifiante, les changements dans les cadres ou le sens des images qu’ils proposent se partagent en deux domaines : les références cosmiques dans la chambre figurant les interrogations quant aux origines et le thème des oiseaux.
Des oiseaux "parlants"
C’est ce thème qui ouvre l’album par l’œuf dans le coquetier déjà évoqué. Il sera repris et décliné tout au long du récit en images. Chronologiquement il apparaît d’abord par une pantoufle qui gagne une aile noire et un bec. Puis, dans la planche suivante, le reflet de l’oiseau ainsi annoncé file en travers du miroir au-dessus du lavabo de la salle de bain. Un oiseau noir : inquiétant présage... Le troisième support du thème est l’écran de télévision. Sur trois pages consécutives, il montre d’abord un oiseau gris, puis un nid qui contient trois œufs bleus et un quatrième, intrus, de couleur rose. Enfin l’écran montre un oiseau donnant la becquée à un oisillon dont la taille est très disproportionnée par rapport à celle du parent nourricier. On peut y voir là, le drame des oiseaux de petite taille qui voient le coucou pondre dans le nid du couple et sont condamnés à se débarrasser de leur propre progéniture d’abord, et s’épuiser ensuite à nourrir le petit - beaucoup plus gros qu’eux-mêmes - qu’un autre leur a imposé. Allusion fort claire à la manière dont le grand frère vit parfois l’arrivée d’une petite sœur.
Sur ces mêmes pages, on observe, posé sur le téléviseur, un cliché photographique de la famille, père, mère, petit garçon, la famille de Joseph K. sans doute. Le clin d’œil malicieux de Browne consiste à faire surgir dans la dernière photo de la série un porcelet : "Oh ! le petit cochon !", exclamation pouvant être lue comme s’adressant soit au coucou sans-gêne et profiteur ou au nouvel enfant qui s’impose dans la famille.
Enfin pour clore le thème de l’oiseau et de l’œuf, la dernière pirouette visuelle sera un ballon dans lequel Joseph K. shoote et qui se transforme en œuf au cours de la trajectoire pour s’ouvrir en deux et laisser s’en échapper une cigogne qui, comme chacun sait livre les nouveau-nés à domicile.
La chambre signifiante
La célèbre illustration de l’album représentant la chambre de l’enfant, inspirée sinon copiée du tableau de Van Gogh (La chambre de Vincent à Arles, 1888) permet l’évocation cryptée du thème du nouveau-né apparaissant dans la famille.
D’abord un tableau au-dessus de la tête du lit est une copie du peintre (Nuit étoilée, 1889) comme pour "rendre à César ce qui lui appartient". En revanche les quatre autres gravures sur le mur de droite sont porteuses de sens quant au thème de la maternité et de la naissance.
Un dessin de E.T, le petit extra-terrestre du film de Spielberg, appelé dans le film "l’enfant venu d’ailleurs", dit l’arrivée imminente de la petite sœur. Puis une gravure représentant les phases de la lune, astre féminin par excellence évoque les cycles féminins déterminant la fécondité et donc toute naissance. Un schéma ensuite du système solaire parle sans doute de la vision égocentrique de l’enfant dont l’existence va devoir évoluer vers un système plus stellaire, puisqu’il va devoir renoncer à la suprématie affective dans la famille qui s’élargit. Enfin le dessin de l’astre Saturne, le Grand Maléfique pour les astrologues qui lui attribuent un symbolisme fortement marqué par l’idée d’opposition au changement.
Les murs et leur décor ont là encore la parole, les facéties et les références culturelles de l’auteur font varier le récit à un degré clandestin, l’entourant d’une musique d’ambiance évocatrice du thème majeur.
Jamais encore - et semble t’il jamais plus ensuite - Anthony Browne n’avait à ce point eu recours comme dans Tout change, à l’allusion par l’image ou au filage du thème de manière métaphorique dans une succession d’images à lire comme des planches muettes de bande dessinée qu’il s’agit de décrypter comme un discours si tant est qu’elles ne passent pas inaperçues.
Dans Tout change, Anthony Browne
joue sur plusieurs registres de sens et en cela pense se jouer de nous.
L’image n’illustre pas, elle se fait métaphore, laissant au lecteur la
liberté de lire à plusieurs niveaux de sens si, comme les murs, il a
quelque oreille. La vérité se cache en s’exposant. L’effet est
jubilatoire, il provoque le plaisir et le rire... surtout quand la
lecture permet de déjouer les facéties de celui qui espérait se rire de
nous.
Irène Laborde
06 mars 2008
Le géant de Zéralda UNGERER
Un ogre terrorise une contrée tant et si bien qu’il finit par ne plus trouver d’enfants à se mettre sous la dent. Il est si affamé quand il aperçoit la petite Zéralda qu’il trébuche en se précipitant sur elle, tombe et s’évanouit. La petite fille, fin cordon bleu, en profite pour lui mitonner de bons petits plats, qu’il préfèrera finalement à la chair fraiche. Il embauche Zéralda comme cuisinière et quelques années plus tard finit par l’épouser et devient …père de famille.
Un vrai ogre:
L'image
et le texte proposent les éléments d'une représentation de l'ogre dans
toute sa puissance dévoratrice. Aux pages 6 et 7, on découvre les
attributs de l'ogre : "un grand couteau", précise le texte,
ensanglanté, renchérit l'image. C'est un "vrai géant", si vrai qu'il ne
rentre pas dans la page, seul son bras gauche apparaît. Il mange les
petits enfants, indique le texte et l'image laisse voir des petites
mains agrippées aux barreaux d'une cage. Le lecteur, dès lors convaincu
de la nature dévoratrice de l'ogre, envisagera avec crainte l'avenir du
deuxième personnage du récit : la jeune et innocente Zéralda.
Mais sur quels indices doit-il s'appuyer pour comprendre que Zéralda ne connaît pas l'ogre et ne l'identifie pas comme tel ? Au cours de la scène de l'embuscade, Zéralda décrit l'ogre comme "un pauvre homme" tout en prenant en compte sa nature de géant vu la quantité de nourriture qu'elle lui prépare ! Mais elle ne se doute jamais du danger qu'elle court et c'est cet écart entre les connaissances du lecteur et la naïveté du personnage qui crée toute la dynamique de ce récit.
La nature dévoratrice de l'ogre se trouve détournée par l'activité culinaire de la fillette s'exerçant dans la cuisine du château.
Puis à la fin de l'album, on ne peut que s'interroger sur la dernière phrase "On peut donc penser que leur vie fut heureuse jusqu'au bout", confrontée à l'image de l'ogrion située en regard, cachant dans son dos un couteau et une fourchette.
http://crdp.ac-bordeaux.fr/cddp33/attirelire/Valise_PDF/geantdezeralda.PDF
http://www.inrp.fr/ressources/prolongement/ouvrages/ouvr_trav/legdz_tot.htm
L'affaire du livre à taches
Archibald,
le célèbre détective, reçoit par la poste un exemplaire du dernier tome
des “Aventures d’Archibald ” envoyé par l’imprimeur Blaireautative.
Le lecteur est identifié à ce
personnage lecteur et va découvrir en même temps que lui ce récit qui
raconte ses propres aventures.
En effet, les différentes pages du
livre imprimé par Blaireautative sont insérées dans l’album faisant
partager aux lecteurs ce qu’ Archibald découvre page à page.
Au
cours de sa lecture, il est d’abord surpris puis indigné par la manière
dont le livre est imprimé ; fantaisies typographiques, décalage des
couleurs, pages à l‘envers ou les unes sur les autres qui contraignent
Archibald à arrêter sa lecture. Il se rend alors chez l’imprimeur qui
finit par découvrir le fin mot de l’histoire. Ses enfants à qui il
avait confié la tâche de surveiller l’impression du livre avaient
déréglé quelque peu la machine. Le livre est donc réimprimé et les
lecteurs (Archibald comme les élèves) peuvent terminer leur lecture du
dernier tome des Aventures d’Archibald,.
Les élèves auront donc à
repérer cet enchâssement dans l’organisation texte image de cet album
en identifiant la nature et le statut des textes et des images et leur
enchaînement. Par exemple, un détail comme le numéro de page permet de
comprendre au début de l’album qu’on a affaire à “ un livre dans un
livre ”.
On pourra trouver d’autres exemples de mise en abîme du
livre et de la lecture dans L’écoute aux portes, Claude Ponti, (L’école
des loisirs) et dans Le livre dans le livre dans le livre, Jorg Muller,
(Dragon d’or 2003).
Cet album est le numéro trois d’une série de
quatre aventures policières dans lesquelles le système des personnages
mérite attention. Archibald le koala, parodie de Sherlock Holmes,
résout des énigmes dans lesquelles les acteurs sont des animaux
anthropomorphisés et dont les noms pourront susciter des recherches
amusantes : Archiparmentier, Blaireaurossignol… On comparera avec la
série Rouletapir (Grasset) dans la même veine.
On pourra
éventuellement envisager une réécriture de “ l’affaire du livre à
taches ” comme événement extérieur à Archibald et susceptible de
déclencher une enquête du détective, en continuité avec les autres
récits de la série de Paul Cox (voir aussi L’étrange croisière du
Pépeurcouque du même auteur chez Mango jeunesse).
Mon Chat le plus bête du monde
Mon Chat le plus bête du monde. Texte et illustrations de Gilles Bachelet, Patrick Couratin. Éditions Le Seuil Jeunesse/Crapule. 13 EUR.
Savoir-vivre
D'aprés : http://pedagogie.ia84.ac-aix-marseille.fr/litt/docs-litt/Savoir-vivre.pdf
Un a
lbum mystérieux qui fait appel à la capacité d’interprétation du lecteur.
À chaque page, enfermée dans ce qui apparaît comme un morceau de
papier déchiré, figure une fillette, dont la peau est figurée par des
bouts de textes imprimés dont on parvient parfois à lire quelques
mots. Envahissant l’espace de la fillette, les
textes,manuscrits en grosses lettres rouges, sont, à chaque page, des
injonctions ou des interrogations similaires : “ Tiens-toi correctement! ”, “ On ne montre pas du doigt ”, “ On t’a jamais appris la politesse? ”.
L’héroïne semble donc prisonnière d’un système
d’éducation autoritaire ne lui laissant aucune échappatoire puisque
chacune de ses attitudes provoque l’une des réflexions.
On peut
demander aux élèves de déterminer qui prononce ces remarques acerbes,
et de justifier leurs réponses. Manifestement, c’est la mère, ce que
révèlent certains énoncés : “ Ah ! T’es bien comme ton père... ”, “ C’est pas possible! T’es pas ma fille ! ”.
Pourtant, les quatre dernières pages introduisent une péripétie différente, par une onomatopée écrite en bleu : “ Driiiiiiiing ”,
qui provoque le sourire de l’héroïne. À la page suivante, l’enfant
enlace une femme, qui lui sourit; elles sont toutes deux entourées
d’étoiles bleues. Et, dans la dernière image, les deux personnages
s’éloignent, de dos, en se donnant la main, tandis que la femme reprend
sa litanie : “ Enlève tes doigts de ton nez ! Tu veux les miens ? ”
Un débat interprétatif s’impose alors entre les
élèves : qui est cette femme mystérieuse ? Le dédoublement aimant d’une
mère marâtre? Un être aimé autre que la mère ? La mère réelle ou la
mère fantasmée ?
Ainsi rassemblées en quelques pages,
l’accumulation d’injonctions paraît oppressante, cependant l’album
traduit bien l’ambivalence de la relation parents/enfants, et l’amour
mutuel est au rendez-vous.
On fera méditer sur le sens du
titre. Avec un tiret, il renvoie à des règles sociales. Mais sans
tiret, il suggère la capacité des enfants à vivre dans un environnement
sonore peuplé d’injonctions. Ce qui pourra donner l’occasion de faire
inventer collectivement un petit manuel de savoirvivre en société, ou
de... savoir vivre en famille




